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Présentation

QU’EST-CE QU’un CDN?

La mission première d’un Centre Dramatique National est la création théâtrale. Créés au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, il en existe aujourd’hui une trentaine en France. Mis au service du projet de décentralisation dramatique et de démocratisation culturelle imaginé par Jean Zay, impulsé par Jeanne Laurent puis André Malraux, ils sont les piliers de la politique culturelle hexagonale qui continue de défendre l’idée que l’art, la culture et le théâtre doivent répondre à une mission de service public, c’est-à-dire proposer une offre artistique de qualité et accessible à tous sur l’ensemble du territoire national. La direction des Centres Dramatiques Nationaux (CDN) est confiée à des metteurs en scène afin d’y conduire un projet artistique sur la durée, ancré sur un territoire et partagé avec le public. Centrés sur la création, l’écriture contemporaine, les mises en scène innovantes, les accueils de grands spectacles français et étrangers, l’accompagnement des jeunes créateurs, des compagnies et du public, les CDN sont aujourd’hui uniques au monde et réunissent plus d’un million de spectateurs chaque saison.

Le 1er janvier 1992, le ministère de la Culture, la Ville d’Orléans, la Région Centre et le Département du Loiret ont décidé la création du Centre Dramatique National Orléans/Loiret/ Centre. Sa direction est confiée à Stéphane Braunschweig puis à Olivier Py en 1998. Le 1er juin 2007, le metteur en scène Arthur Nauzyciel leur succède. En mars 2013, il est reconduit dans ses fonctions pour un troisième mandat de trois ans.

 

le cdn orléans/loiret/centre

Saison après saison, le CDN poursuit son projet : être un lieu de production et de création qui propose un parcours, des spectacles qui font sens les uns par rapport aux autres. Nous accueillons des metteurs en scène aux esthétiques fortes, qui croient en un théâtre d’art et en sa pertinence dans le monde contemporain. En accompagnant de jeunes artistes sur la durée, ou en présentant de grands metteurs en scène à Orléans pour la première fois, comme Claude Régy ou Patrice Chéreau, en restant fidèles à ceux qui ont marqué les saisons précédentes, nous espérons témoigner de la diversité et de l’exigence du théâtre public. Outil d’ouverture et de rencontres mis au service des publics, les spectacles sont autant d’occasions de rencontrer les équipes qui y travaillent, les acteurs, les chercheurs et les artistes associés qui participent de la vie de ce lieu, dans cette ville.

Le livre du CDN, conçu par Marie Darrieussecq, Yannick Haenel, Denis Lachaud, Valérie Mréjen, écrivains associés, constitue notre mémoire. Le CDN est comme un pays pour lequel les artistes M/M (Paris) ont imaginé un alphabet, une typographie, une identité unique. En résonance avec les autres arts, le CDN est devenu au fil des années un véritable lieu de synergies. Nous tissons ainsi chaque saison des liens avec de nombreux partenaires à Orléans et en Région Centre. 

 

2015/2016

La saison 2015/2016 du CDN Orléans/Loiret/Centre est à vivre comme une dilatation de la forme et du sens. Elle est expansion des possibles du théâtre jusque dans ses confins les plus éloignés. Elle bascule du texte dramatique à la littérature pure, de Molière à Laurent Mauvignier ou Jean-Philippe Toussaint. Elle concilie un spectacle en langue des signes (Emmanuelle Laborit) à un autre, porté par des ventriloques (Gisèle Vienne). Elle invite des enfants sur ses plateaux (LE VOYAGE DE SETH) mais aussi Emmanuelle Béart, Natalie Dessay, Marie-Sophie Ferdane, Pio Marmaï, Stanislas Nordey, Denis Podalydès, Laurent Poitrenaux... Elle relie l’ultra contemporain où priment la danse, la performance, la vidéo (Winter Family) au classicisme trompeur qui privilégie l’acteur sur le plateau (Pascal Rambert). Elle cultive l’amour éternel (TRISTAN) mais accomplit la séparation (L'EMPIRE DES LUMIÈRES). Elle soliloque follement (UND) ou opte pour une polyphonie sauvage (ROBERTO ZUCCO).

La saison 2015/2016 du CDN est passage, traversée, franchissement de frontières visibles et invisibles. Son principe premier s’avoue centrifuge, la division et la séparation sont au cœur des spectacles qui la forgent, mais sa tentation secrète tend vers le mouvement centripète. Elle est comme aimantée par son noyau dur, lequel est franchement politique.

Au fil des mois à venir, on note ainsi la venue réitérée de metteurs en scène-directeurs d’institutions subventionnées par l’État et les tutelles locales. De Lorient à Marseille, en passant par Tours, Gennevilliers, Valence, les quatre coins de l’hexagone se sont donnés rendez-vous à Orléans, qui devient de la sorte la capitale symbolique de la décentralisation. Autour et à partir de ce centre de gravité, filent les courbes qui constituent la géométrie organique du théâtre, dont certaines nous mèneront jusqu’à Séoul avec l’accueil du Théâtre national de Corée en mai 2016.

Mais pour finir, la programmation du CDN Orléans/Loiret/Centre n’a de sens que parce qu’elle obéit à un principe supérieur en tous points à ce qui vient d’être énoncé: le tissage de tous ces éléments entre eux par une force dominante. Cette force, c’est la foi inébranlable, que partagent public et artistes, dans l’expansion du domaine du théâtre.

Bienvenue.