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Édito

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Édito

EXPANSION DU DOMAINE DU THÉÂTRE

La saison 2015/2016 du CDN Orléans/Loiret/Centre est à vivre comme une dilatation de la forme et du sens. Elle est expansion des possibles du théâtre jusque dans ses confins les plus éloignés. Elle bascule du texte dramatique à la littérature pure, de Molière à Laurent Mauvignier ou Jean-Philippe Toussaint. Elle concilie un spectacle en langue des signes (Emmanuelle Laborit) à un autre, porté par des ventriloques (Gisèle Vienne). Elle invite des enfants sur ses plateaux (LE VOYAGE DE SETH) mais aussi Emmanuelle Béart, Natalie Dessay, Marie-Sophie Ferdane, Pio Marmaï, Stanislas Nordey, Denis Podalydès, Laurent Poitrenaux... Elle relie l’ultra contemporain où priment la danse, la performance, la vidéo (Winter Family) au classicisme trompeur qui privilégie l’acteur sur le plateau (Pascal Rambert). Elle cultive l’amour éternel (TRISTAN) mais accomplit la séparation (L'EMPIRE DES LUMIÈRES). Elle soliloque follement (UND) ou opte pour une polyphonie sauvage (ROBERTO ZUCCO).

La saison 2015/2016 du CDN est passage, traversée, franchissement de frontières visibles et invisibles. Son principe premier s’avoue centrifuge, la division et la séparation sont au cœur des spectacles qui la forgent, mais sa tentation secrète tend vers le mouvement centripète. Elle est comme aimantée par son noyau dur, lequel est franchement politique.

Au fil des mois à venir, on note ainsi la venue réitérée de metteurs en scène-directeurs d’institutions subventionnées par l’État et les tutelles locales. De Lorient à Marseille, en passant par Tours, Gennevilliers, Valence, les quatre coins de l’hexagone se sont donnés rendez-vous à Orléans, qui devient de la sorte la capitale symbolique de la décentralisation. Autour et à partir de ce centre de gravité, filent les courbes qui constituent la géométrie organique du théâtre, dont certaines nous mèneront jusqu’à Séoul avec l’accueil du Théâtre national de Corée en mai 2016.

Mais pour finir, la programmation du CDN Orléans/Loiret/Centre n’a de sens que parce qu’elle obéit à un principe supérieur en tous points à ce qui vient d’être énoncé: le tissage de tous ces éléments entre eux par une force dominante. Cette force, c’est la foi inébranlable, que partagent public et artistes, dans l’expansion du domaine du théâtre.

Bienvenue.