2012

Plage ultime 

PRÉSENTATION


Plage ultime est une proposition théâtrale et musicale inspirée en partie de l’oeuvre de l’auteur de science-fiction britannique James Graham Ballard. La réflexion de l’écrivain sur notre société consumériste et touristique, héritière d’un XXe siècle sanglant mais aussi gravement optimiste, aux possibilités illimitées, va croiser des lectures de Mike Davis, Shakespeare, Nicolas Bouvier, Michelet, Scott Fitzgerald.

« Voyeurisme, dégoût de soi, puérilité de nos rêves et de nos aspirations - ces maladies de la psyché - sont toutes contenues dans le cadavre le plus considérable de l’époque : celui de la vie affective ». Pour J. G. Ballard, la science-fiction d’anticipation n’est pas une fantaisie sur un avenir incertain mais bien une introspection sur un ici et maintenant. Métaphores extrêmes pour situations extrêmes : c’est de cette exigence de regard et d’humour noir que Séverine Chavrier a voulu s’emparer dans ces fictions éclatées.

Corps blessés, demi-tour interdit, valise sans propriétaire, foire aux atrocités du tout-image, maladies électives. Que nous est-il possible de supporter, où commencent et s’arrêtent réellement notre agressivité et notre ambivalence dans cette vaste odyssée de la rancune ? Et Ballard ne lâche rien à cette logique du pire qui est tout à la fois prémonition, alerte désespérée, foi en l’action et immense potentialité théâtrale.

Un hall d’aéroport, sas qui ne mène nulle part, hall anonyme et répétitif qui nous fait passer d’un monde à un autre en quelques heures d’avion, lieu d’attente, de transition, de suspension.

Partir, rester. Comment changer de tempo, laisser les avions au sol, tout d’un coup ralentir ? Préfère-t-on être partout chez soi (tourisme) ou toujours encore étranger à soi-même (le Wanderer)? Au prix de quelle laborieuse fête ininterrompue, pourrions-nous retrouver un horizon ?

La plage ultime, l’ultima spiaggia qui veut dire en italien dernière chance, serait donc ce dernier sas … à moins qu’elle n’en soit seulement la dernière musique.

GÉNÉRIQUE

Avec Bénédicte Cerutti, Séverine Chavrier, Marta Izquierdo Munoz et Elise Olhandéguy en alternance, Natacha Kouznetsova, Mika Kaski, Laurent Papot et la participation de Hugo Cardinali
Scénographie Vincent Gadras
Son Philippe Perrin
Lumière Christian Dubet
Costumes Laure Maheo
Vidéo Benoît Simon
Images Jules Zingg

Production : Festival d’Avignon, Théâtre Nanterre-Amandiers
Coproduction : Théâtre Nanterre-Amandiers, MC2: Grenoble, Espace Malraux Scène nationale de Chambéry et de la Savoie, compagnie La Sérénade interrompue
Avec le soutien de l’ADAMI, de la Région Île-de-France, de la DRAC Île-de-France, du Dicréam.
Accueil en résidence au Centquatre-Paris.

REVUE DE PRESSE


Pour Séverine Chavrier, une œuvre littéraire est un univers dans lequel elle pénètre et dont elle cherche à rendre la richesse sur scène. En choisissant J. G. Ballard comme source d'inspiration de son spectacle, elle privilégie un écrivain de science-fiction qui a déplacé ce genre vers une analyse introspective de notre société consumériste, à travers une réflexion sur l'image et les nouvelles technologies. Manifestant une confiance absolue dans ce lieu d'imaginaire et de partage qu'est le plateau, elle construit une proposition scénique et musicale qui associe d'autres auteurs en résonance avec J. G. Ballard et avec trois de ses livres majeurs : CRASH, SAUVAGERIE et MILLENIUM PEOPLE. Il ne s'agit nullement d'illustrer ces mondes romanesques, mais de les faire surgir dans un environnement d'images et de sons occupant l'espace au même titre que les acteurs. Images fabriquées en direct, images du quotidien filmées par des smartphones et des webcams omniprésentes, images de vidéosurveillance ou d'archives se mêlent aux matières sonores de toutes sortes : voix des comédiens, enregistrements ou musique live. Tout concourt à questionner notre monde technologique et sa violence, ses pièges, sa potentialité anxiogène, sa brutalité plus ou moins acceptée et digérée, mais aussi notre capacité à résister, notre ambivalence, notre responsabilité ou notre immaturité. Avec PLAGE ULTIME, Séverine Chavrier nous invite à une critique libre et énergique.
JFP

France Culture : La Dispute – 11 Février 2013 (extrait)

 

dates

CRÉATION
du 01 au 23 février 2013 au Théâtre Nanterre-Amandiers 

REPRISE
01 mars 2013 à L'Apostrophe Scène nationale de Cergy-Pontoise  
du 12 au 16 mars 2013 au MC2: Grenoble
20 et 21 mars 2013 au Théâtre de la Renaissance, Oullins

SÉVERINE CHAVRIER

Portrait & spectacles