Mise en scène et interprétation Suzanne de Baecque
Interprète et chorégraphie Raphaëlle Rousseau
Conception lumière Thomas Cottereau
Création Vidéo Manon Sabatier
Création Costume Marie La Rocca
Composition musicale Valentin Clabault avec la voix d’Oscar Lesage
Régie lumière et générale Zélie Champeau
Régie sonore Simon d'Anselme de Puisaye
Regard extérieur India De Almeidaet Stéphanie Aflalo

Production CDN Orléans / Centre-Val de Loire
Coproduction et partenaires Le Méta - CDN Poitiers Nouvelle Aquitaine ; Théâtre du Nord - CDN Lille Tourcoing ;
Avec le soutien du T2G - Centre Dramatique National de Gennevilliers, du fonds d’insertion de l’École du TNB et avec la participation artistique du Jeune théâtre national
Avec le dispositif d’insertion de l’ÉCOLE DU NORD, soutenu par la Région Hauts-de-France et le Ministère de la Culture

Remerciements à l’ensemble de la Promotion 6 de l’Ecole du Nord

Suzanne de Baecque se forme à la Classe Libre du Cours Florent où elle travaille sous la direction de Jean-Pierre Garnier, Sebastien Pouderoux (de la Comédie Française), Philippe Calvario et Carole Franck. C’est au sein de cette formation que Suzanne signera sa première mise en scène, création collective avec les camarades de sa promotion, JE VEUX GARDER MES REVES AU CHAUD ET LE CHAMPAGNE AU FROID : Une recherche à partir de textes personnels et du texte d’Annie Ernaux, Les Années. Elle participe au Prix Olga Horstig, orchestré par le comédien David Clavel et joué au théâtre des Bouffes du Nord. Chaque séquence du spectacle est écrite par un ou une comédien.ne. Elle co-écrit et met en scène LES VOIX DU CREPUSCULE (une fausse émission d’anthropologie) avec son camarade David Guez. Ils sont tous les deux lauréats du Prix Olga Horstig 2017 pour ce travail.

Puis en 2018, elle intègre la promotion 6 de l’Ecole du Nord (Direction Christophe Rauck). Durant cette formation, elle travaille à plusieurs reprises sous la direction d’Alain Françon (parrain de la promotion). Elle fait aussi la rencontre d’intervenants comme Cyril Teste, Guillaume Vincent, Frédéric Fisbach, Cecile Garcia Fogel, Jean-Pierre Garnier, André Markowicz, Pascal Kirsch ou encore Margaux Eskenazi. Elle présentera également un geste de mise en scène au sein de l’école du Nord en carte blanche, un solo, COMME LES GENS SANS IMPORTANCE, une variation autour du personnage d’Ophélie dans Hamlet de Shakespeare.

A sa sortie d’école, elle joue le rôle de Lisette dans le dernier spectacle d’Alain Françon, La Seconde surprise de l’amour de Marivaux, en novembre 2021 à l’Odéon puis en tournée. Elle remporte pour ce spectacle le Prix Jean-Jacques Lerrant de la Révélation théâtrale du Syndicat de la Critique.

Au cinéma et à la télévision, elle tourne dans plusieurs productions sous la direction de Sarah Suco (Les Eblouis), Blandine Lenoir, Nikola Lange (dans la série féministe Derby Girl) ou encore Anne Depétrini.

En 2023, elle jouera dans la prochaine création de Guillaume Vincent, 20 ans (2001-2021). Elle sera aussi comédienne dans une des prochaines créations de Séverine Chavrier, une adaptation de Absalon, Absalon ! de William Faulkner, au CDN Orléans/Centre-Val de Loire.

Écoutez les entretiens de Suzanne de Baecque sur France Culture, Tous en scène
Affaires Culturelles et Par les temps qui courent

L'extraordinaire Miss Suzanne de Baecque
La comédienne signe un premier spectacle réjouissant. Immergée dans le concours des Miss, qu’elle met en pièce, elle s’impose comme une autrice et metteure en scène aussi drôle qu’intelligente (...) et réussit une entrée fracassante dans la création théâtrale.
- Igor Hansen-Løve, sceneweb.fr

Miss Spectacle Vivant 2022
Suzanne de Baecque trouve la distance idéale pour critiquer l'institution moribonde et singulariser respectueusement les prétendantes au titre : leurs origines, leurs parcours, leurs aspirations... Une réussite qui l'impose comme "la jeune metteuse en scène à suivre."
- Les Inrockuptibles 

C’est un spectacle qui questionne la normativité des concours de Miss et affirme avec force que les voix de ces candidates méritent d’être entendues, que leurs histoires méritent d'être racontées et dit aussi une foi très profonde dans le théâtre comme espace de liberté où l’on peut enfin peut-être se tenir debout.
- France Culture

Les deux comédiennes forment un duo épique et épatant. Elles s'inscrivent dans la lignée des grands acteurs du burlesque (...) à cette façon de nous faire rire aux éclats des situations les plus tristes sans jamais se moquer des protagonistes, au contraire.
- Marie-José Sirach, L'Humanité

LA REVUE DE PRESSE

TENIR DEBOUT

SUZANNE DE BAECQUE - ARTISTE ASSOCIÉE

A l’été 2020, dans le cadre d'un projet immersif proposé en dernière année de sa formation à l’Ecole du Nord de Lille, Suzanne de Baecque décide de se présenter à l’élection de Miss Poitou- Charentes, d'infiltrer le concours en se mettant en scène dans le réel tout en questionnant sa pratique de comédienne.

Mais aussi partir à la rencontre de ses concurrentes - Lauraline, Lolita, Chloé - des jeunes filles de son âge dont le rêve est de devenir « Miss régionale », d'interroger leurs motivations joyeuses ou touchantes et leurs désirs d'émancipation à l'heure où une nouvelle parole féministe est en train de naître, de se libérer.


L’École du Nord, où j’étais élève-comédienne, avait mis en place un atelier de recherche appelé « croquis de voyage » au début de ma troisième année. Le concept de l’atelier, élaboré par Cécile Garcia-Fogel, se résumait en une ligne : pendant un mois, partir en solitaire avec son sac à dos et un projet personnel, imaginé quelque part en France. Au retour de cette immersion assez radicale, en faire naître une forme artistique. Nous étions libres d’inventer tout ce que nous voulions : écriture, théâtre, danse, vidéo, ...

J’avais l’instinct qu’il fallait que je travaille à un endroit inconfortable. Que le but de cet exercice était de me déplacer en tant qu’actrice, que j’expérimente des choses dont je ne me sentais pas capable. Un vertige s’est alors ouvert en moi et je me suis demandée, peut-être sincèrement pour la première fois, quelle actrice j’étais. Mais surtout qu’est-ce qui me questionnait, me dérangeait et me faisait souffrir intimement dans mon métier. Comment je voyais les autres comédiennes aussi. Et quelles lignes je voulais essayer de bouger.

Au quotidien, je suis toujours très intimidée par le regard (celui des hommes en particulier) que l’Autre peut poser sur moi. Et dans ma formation, je me suis souvent interdit de jouer un certain type de rôle. « La jeune première ».
Il y a 4 ans, je passais les concours des écoles nationales de théâtre. Je me souviens de cette période particulièrement angoissante faite de remises en question. Je ne cessais de me questionner sur mon désir de devenir actrice et sur ma capacité à y arriver. J’étais partie me reposer quelques jours chez ma mère qui vit une partie de l’année à Berthegon, un petit village du Poitou-Charentes. Une pause s’imposait. C’était une après-midi, et j’étais en train de faire les courses au Super U de Lencloître, la petite ville la plus proche du village. J’accompagnais mon beau-père. Nous allions passer à la caisse. Pendant l’attente de notre tour, nous feuilletions les magazines. Il y avait une petite affiche, à coté des revues, où il était inscrit quelque chose comme : « Mesdemoiselles, plus que quinze jours pour déposer sa candidature pour l’élection de Miss Poitou-Charentes... ». Mon beau-père s’est alors tourné vers moi et m’a dit avec son second degré légendaire: « Ah bah tiens, si t’as pas tes concours, tu pourras t’inscrire à miss Poitou ! ». J’en ai eu comme le souffle coupé. Ca y est, elle était là, l’actrice porte-manteau. On venait de mettre l’actrice et la miss dans le même sac. Un métier d’image, de représentation et de communication. Mais quelles étaient réellement leur différence ? C’était de plus une phrase méprisante pour tout le monde. Pour les actrices, qui n’ont pas toutes demandées à être des vitrines et des égéries de luxe. Pour les ÙMiss, qui n’ont pas besoin de ce mépris de classe permanent.

Quatre ans plus tard, j’ai repensé au Super U de Lencloître. J’avais trouvé mon projet. Me présenter à l’élection de Miss Poitou-Charentes 2020. En tant qu’actrice. J’avais besoin de vivre l’expérience intimement, de me mettre en scène dans le réel. Infiltrer le comité miss Poitou-Charentes à ma manière, sentir comment le concours transforme mon propre corps. Mais aussi partir un mois en Poitou-Charentes à la rencontre de mes concurrentes. Des jeunes filles de mon âge qui se présentent aux concours de beauté et dont le rêve est de devenir « miss régionale ». Comprendre ce rêve qu’elles ont toutes en commun. Comment en 2020, alors qu’une nouvelle parole féministe est en train de naître, de se libérer, peut-on avoir envie de devenir miss Poitou-Charentes ? Qu' y a-t-il derrière ces corps que l’organisation Miss France fabrique ? Interroger leur désir. Ce mélange de grande violence et de rêverie : à la fois l’aliénation à des codes machistes et un très grand panache tant ces jeunes filles décident de s’exhiber sous ce regard. - Suzanne de Baecque

TOURNÉE 2022 / 2023

CRÉATION 9 et 10 septembre
CDN Orléans / Centre-Val de Loire

du 19 au 22 octobre
Théâtre du Nord - Centre Dramatique National  Lille / Tourcoing

du 23 au 26 novembre
Festival du TNB - Théâtre National de Bretagne, Rennes

30 novembre, 1er et 2 décembre
CDN Orléans / Centre-Val de Loire

7 mars
Théâtre Angoulême, Scène Nationale

17 et 18 mars
Le Méta – CDN de Poitiers Nouvelle-Aquitaine

20 mars
NEST - CDN transfrontalier de Thionville-Grand Est