Avec Stanislas Nordey
Texte Édouard Louis
Mise en scène Stanislas Nordey
Collaboratrice artistique Claire ingrid Cottanceau
Lumière Stéphanie Daniel
Scénographie Emmanuel Clolus
Composition musicale Olivier Mellano
Création sonore Grégoire Leymarie
Clarinettes Jon Handelsman
Sculptures Anne Leray et Marie-Cécile Kolly
Régie générale Antoine Guilloux
Avec la participation amicale de Wajdi Mouawad
Le décor et les costumes sont réalisés par les ateliers du TNS

QUI A TUÉ MON PÈRE
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Production TNS - Théâtre National de Strasbourg
Coproduction La Colline - théâtre national

Metteur en scène de théâtre et d’opéra, acteur, Stanislas Nordey est né à Paris, en 1966. Après des études au Conservatoire national supérieur d’art dramatique, il débute la mise en scène en 1987, avec La Dispute de Marivaux au Théâtre Pitoëff de Genève. Avec sa compagnie, il est artiste associé au Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis de 1991 à 1995, avant de rejoindre le Théâtre de Nanterre-Amandiers, à la demande de Jean-Pierre Vincent qui l’associe à la direction artistique. De 1998 à 2001, il dirige avec Valérie Lang le Théâtre Gérard Philipe, Centre dramatique national de Saint-Denis. En 2001, il rejoint le Théâtre national de Bretagne comme responsable pédagogique de l’École, puis comme artiste. Il crée Violences de Didier-Georges Gabily en 2001, La Puce à l’oreille de Georges Feydeau en 2004, Électre de Hugo von Hofmannsthal en 2007, Incendies de Wajdi Mouawad en 2008, Les Justes d’Albert Camus en 2010, Se trouver de Luigi Pirandello en 2012. Artiste associé à l’édition 2013 du Festival d’Avignon, aux côtés de Dieudonné Niangouna, il crée Par les villages de Peter Handke dans la Cour d’honneur du Palais des Papes. Il crée aussi Lucia di Lammermoor de Gaetano Donizetti à l’Opéra de Lille en 2013, l’année suivante Neuf petites filles de Sandrine Roche. Directeur du Théâtre National de Strasbourg et de son École depuis septembre 2014, Stanislas Nordey met en scène principalement des pièces d’auteurs contemporains, (Martin Crimp, Roland Fichet, Laurent Gaudé, Jean Genet, Hervé Guibert...) et poursuit ces découvertes et compagnonnages au TNS avec Christophe Pellet, Wajdi Mouawad, Falk Richter, Claudine Galea et Pascal Rambert. Depuis quelques années, il noue une collaboration forte avec l’auteur allemand Falk Richter, artiste associé au TNS. Il met en scène tout d’abord plusieurs de ses textes : Sept secondes, Nothing hurts, Das System, puis propose d’inventer un spectacle avec lui, My Secret Garden. Ils réitèrent l’expérience en 2016 avec Je suis Fassbinder.

Stanislas Nordey met en scène le roman d’Édouard Louis qu’il interprète dans un monologue intime et plein de rage sur l’exploitation des masses.
Anne Diatkine, Libération

Une performance scénique dans laquelle le comédien excelle.
Stéphane Capron, Sceneweb

Le metteur en scène, directeur du Théâtre national de Strasbourg, est aussi un acteur qui possède un don rare : il sait proférer, lancer les mots à travers l’espace, leur donner une matérialité qui leur évite le piège de l’intellectualisme. C’est souvent merveille de le voir et de l’entendre au théâtre. Surtout quand, comme avec Qui a tué mon père, il restitue une écriture et un propos qui lui sont chers.
Brigitte Salino, Le Monde

Édouard Louis, en sismographe du réel, fait la biographie de son paternel en s’adressant directement à lui selon des bornes chronologiques et des chocs émotionnels. Il y a des moments éblouissants d’émotion, d’une force dévastatrice, dans ce spectacle porté magistralement par Stanislas Nordey qui varie les modalités du récit et de la parole, tantôt projetée sur un écran, tantôt proférée, tantôt chuchotée au public, micro en main.
Hélène Kuttner, Artistikrezo

QUI A TUÉ MON PÈRE

jeudi 23 janvier 20h30

1h50 - salle Jean-Louis Barrault

Dans la lignée de Marguerite Duras, Simone de Beauvoir ou Annie Ernaux, l’écriture d’Édouard Louis se déploie à partir de son existence. Depuis ses deux premiers romans En finir avec Eddy Bellegueule et Histoire de la violence, il décrypte les mécanismes de domination qui broient les êtres et leurs relations. Stanislas Nordey, directeur du Théâtre National de Strasbourg, met en scène et interprète la parole et le regard d’un fils sur son père, des premiers souvenirs d’enfance jusqu’à sa « mort sociale ». Dans un volte-face littéraire, le politique rejoint l’intime et raconte le corps des hommes.


Que peut et doit faire la littérature dramatique ? Quel droit lui donne-t-on ?
Stanislas Nordey, en proposant à Édouard Louis d’écrire sans aucune contrainte pour la scène, a donné la possibilité à celui-ci de se poser et d’éprouver ces questions, de fond en comble.
Naissance de Qui a tué mon père.

Parole publique d’un récit intime où se croisent un mouvement vers le père délaissé – un père « infâme », comme beaucoup, beaucoup trop, « vaincu » par un système social – et une réflexion bio-politique sur les effets de la domination et de l’exploitation capitalistes sur les corps vivants.Adresse au père, récit de vie, parcours de souvenirs fragmentaires mais cohérents, critique politique des temps présents : autant d’éléments qui scandent le trajet apaisé d’une reconquête de soi. (Re)trouver l’autre et soi-même, dans un même mouvement.Un franc-parler, dans une langue simple, claire, droite, et directe pour dire de ce que l’on considère, contre toute logique normative, être digne d’être raconté. Fuir la fiction du romanesque, la métaphore, la beauté apparente des mots, les arabesques et les virtuosités de la rhétorique : assumer le littéral. La littérature dramatique peut et doit faire entendre la vérité : la vérité intime et parfois crue d’une existence socialement conditionnée, la vérité d’un système, avec le nom de ses responsables, ceux qui prennent des décisions qui auront des incidences sur la vie des gens. Car qu’est-ce que vivre, pour les dominés, si ce n’est être exposé aux décisions politiques prises par des dominants ? Qu’est-ce qu’un corps « vaincu » sinon un corps mourant ?La littérature dramatique peut-elle assumer l’audace narrative de cette vérité ?
Nordey a donné l’occasion à Édouard Louis d’être, au théâtre, une des dernières figures de la parrhèsia, cette activité verbale dans laquelle celui qui parle, à travers la franchise, entretient un rapport courageux, voire scandaleux, à la vérité. Étendre le domaine du fait littéraire à ce qui est le plus souvent laissé indigne. Donner une place au sein de l’écriture à ce qui n’en a pas. Une effraction.En retour, Édouard Louis nous donne l’occasion de se confronter à une littérature de l’in-compté.
Et à Nordey, d’être, à nouveau frais, un intraitable locataire de la parole.

Frédéric Vossier, écrivain, conseiller dramaturgique au TNS


RENDEZ-VOUS

Mardi 21 janvier à 19h30
Retour à Forbach
de Régis Sauder

Cinéma Les Carmes