Conception, mise en scène et co-écriture François Gremaud

Interprétation et co-écriture Pierre Mifsud
Administration et diffusion Michaël Monney

Production 2b company

Coproduction Arsenic – Centre d’art scénique contemporain (Lausanne), Centre culturel suisse (Paris), avec la participation de Far° – Festival des arts vivants Nyon (Suisse), avec le soutien de Pro Helvetia – Fondation suisse pour la culture, CORODIS, Loterie Romande, Fondation Leenaards, SIS – Fondation Suisse des artistes interprètes, Fonds Culturel de la Société Suisse des Auteurs (SSA), la 2b company est au bénéfice du contrat de confiance de la Ville de Lausanne, en 2016 ce spectacle a fait partie de la première édition de la Sélection suisse en Avignon – dispositif de promotion imaginé et financé par Pro Helvetia et CORODIS

CONFÉRENCE DE CHOSES

jeudi 30 janvier 19h00
vendredi 31 janvier 18h00
samedi 1er février 18h00

53,33 minutes - Théâtre d'Orléans (#1) - Salles du musée des Beaux-Arts d'Orléans (#2) -Salon d'Honneur de l'Hôtel Groslot (#3)

Une table, une chaise et un homme à la langue bien pendue - sorte de Pécuchet contemporain - salue l'audience et, de lien en lien, de sujet en sujet, de rebond en rebond, du bison à La Reine Margot, de Descartes au bonbon Haribo, de Joseph Smith à Marcel Duchamp en passant par le paradoxe du barbier et la cafetière italienne, ne s'arrête plus de parler. Le metteur en scène suisse François Gremaud, fondateur de la 2b company, a imaginé cette forme inattendue, entre conférence pseudo-scientifique et art du conte dont le succès ne tarit pas depuis sa création. Tous les savoirs sont à même enseigne et à même échelle dans un grand melting-pot qui s’écoute et se savoure comme une confiserie.

Trois sujets, trois conférences. 


ENCYCLOPÉDIE VIVANTE, ODE À L’ORALITÉ ET À LA TRANSMISSION

C’est un homme tout ce qu’il y a de plus ordinaire, en jean-baskets passe-partout, sac au dos, dégaine d’étudiant débonnaire plus que de professeur émérite, qui se plante face à nous et se lance dans une conférence minutée, 53 minutes et 33 secondes, comme dans les starting-blocks d’une course contre la montre aux règles absurdes.
Quel est le thème de cette conférence ?
Et bien il n’y en a pas.
C’est une conférence sur rien autant qu’une conférence sur tout, et n’importe quoi aussi, qui brasse des connaissances en veux-tu en voilà en jouant à saute-mouton d’un sujet à un autre, au gré d’une date qui le fait inopinément bifurquer, d’un mot ou d’un nom, d’une association d’idées ou de connaissances et voilà notre orateur qui s’engouffre dans sa nouvelle voie, laissant de côté l’histoire qu’il était en train de nous raconter pour littéralement passer à autre chose.Et c’est passionnant tout autant que réjouissant. Non seulement du fait de la personnalité joviale du comédien, sourire aux lèvres qui ne décroche jamais. Enthousiaste et enthousiasmant, Pierre Mifsud possède un capital sympathie qui dériderait le plus morose et desséché misanthrope de tous les misanthropes. Il nous cueille à la seconde où il ouvre la bouche et nous balade allègrement dans sa cosmogonie de connaissances qu’il déplie sous nos oreilles en une multitude de chemins de traverses, une errance bonhomme où tous les savoirs se valent.En effet, aucun traitement hiérarchique ne vient ordonner ou classifier le contenu du propos. C’est bien la dérive qui est le principe même de la performance. Car, oui, nous sommes en territoire de performance, tout se joue dans l’ici et maintenant, dans l’adresse au public, et l’instant de la représentation. Tout est digéré et partagé en direct, ce qui rend l’acte à sa générosité première, transmission et amusement. Si Pierre Mifsud est sur le devant de la scène, interprète unique de ce cycle atypique, c’est le metteur en scène suisse François Gremaud qui est à l’origine de ce projet un peu fou, hors-norme, terriblement ludique et divertissant. On y apprend plein de choses, et surtout plein de choses inutiles d’une certaine manière et c’est très bien, car la futilité n’est pas à prendre à la légère.On s’éprend de ce comédien béat de bonhomie, maître de conférence improvisé qui en maîtrise à merveille les codes (comportement gestuel et tics de langage) pour mieux nous emmener sur des chemins non balisés, traversant les siècles et les continents, et nous servir sur un plateau le monde et son abîme de récits par milliers. Car qu’est-ce d’autre au bout du compte que cette conférence si ce n’est une succession de micro-histoires glanées çà et là au gré de la pensée qui saute, rebondit, s’égare, s’émerveille sans cesse ? Ou comment faire du coq-à-l’âne tout un art. Et nous étonner sans cesse.

Marie Plantin, journaliste