Avec Waj Ali, Emily Beacock / Rosanna Beacock (en alternance) Anna Calder-Marshall
Luke Clarke, Janet Etuk, Nick Holder, Mimi Malaz Bashir, Yonatan Pelé Roodner

Texte et mise en scène Alexander Zeldin
Scénographie Natasha Jenkins
Lumières Marc Williams
Son Josh Anio Grigg

Travail du mouvement Marcin Rudy

Traduction des surtitres Daniel Loayza, Alexander Zeldin

Coproduction National Theatre of Great Britain, Birmingham Repertory Theatre

Le texte original a été publié par Bloomsbury Methuen Drama en 2016.

Le parcours théâtral d’Alexander Zeldin, né en 1985, est ponctué d’expériences formatrices entre la Russie, la Corée du Sud et l’Egypte. Entre 2011 et 2014, il enseigne dans une école de théâtre au Royaume-Uni et constitue le noyau de comédiens avec lesquels il travaille depuis et pour qui il écrit des pièces. Avec eux, il monte Doing the Idiots (adaptation du film de Lars von Trier, The Idiots) au sein de l’école, puis Shéméhé pour le British Council - Theatre Rustaveli à Tbilisi. Il est, à cette même période, l’assistant de Peter Brook et Marie-Hélène Estienne. En 2014, c’est au Yard Theatre qu’il crée Beyond Caring, un travail récompensé par la critique, qui sera ensuite repris au National Theatre of Great Britain et en tournée au Royaume-Uni et à l’étranger. À l’invitation de la Lookingglass Theater Company et de David Schwimmer, il crée une version américaine de la pièce en 2017. Il reçoit le prix Quercus Award, prix pour la mise en scène émergente au Royaume-Uni, il est nommé artiste associé au Birmingham Repertory Theatre (Birmingham REP) en 2015.

Il partage son temps entre la création et l’action artistique, notamment dans la mise en place d’une formation d’acteurs, gratuite pour les personnes n’ayant pas les moyens de financer des études. En 2017, il reçoit le Peter Hall Award et est nommé artiste en résidence au National Theatre of Great Britain où il créé Love en 2016. Il reçoit le prix de la Arts Foundation pour la littérature contemporaine émergente en février 2018. LOVE est présenté en France en novembre 2018.

Alexander Zeldin présente cette saison sa nouvelle création Faith, Hope & Charity, en septembre 2019 au Dorman Theatre, National Theatre of Great Britain.

Pendant une heure et demie d’une densité presque insoutenable, la pièce ausculte la tragédie de l’exclusion de manière on ne peut plus concrète et sensible, dans cet espace de promiscuité où chacun vit sous le regard des autres, où tous se voudraient un peu plus chanceux, un peu plus « inclus » que les autres. C’est le travail sur le réalisme qui est passionnant ici : un réalisme qui ne décalque pas la réalité mais la condense, l’intensifie et la donne à éprouver de manière quasi charnelle.
Fabienne Darge Le Monde

C’est un décor avec lequel Christoph Marthaler, avec quelques objets naturalistes en plus, pourrait raconter avec humour une histoire d’un établissement suisse ou de l’ex-Allemagne de l’Est comme lui seul sait le faire. Mais, à la différence de Marthaler, ici le décor, fait de peu, importe peu. Tout tient dans les acteurs qui investissent des êtres humains plutôt qu’ils ne jouent des personnages. Alexandre Zeldin, deux fois plus jeune que Marthaler, a une autre sensibilité, plus écorchée, plus à vif, en phase avec ce qu’il met en scène. Comme aurait dit Jean-Luc Godard, il fait du théâtre de dos. Beyond Caring, la pièce qui l’a propulsé au devant de la scène anglaise en 2014 (reconnaissance critique suivie d’une programmation au National Theatre, d’une tournée internationale et d’une version américaine en 2017) se passait, raconte-t-il, « dans l’arrière-salle d’une usine à viande, là où les hommes et les femmes de ménage se réunissent pour boire un café la nuit ». Dans Love, tout se passe aussi dans une salle commune, celle d’un bâtiment anglais de logements d’urgence pour abriter des gens à la rue, en particulier pendant l’Avent. C’est là que l’on se côtoie, que l’on se croise, que l’on s’évite, que l’on mange à tour de rôle et que l’on cuisine sommairement (l’essentiel consiste à réchauffer au micro-onde les plats de l’aide alimentaire). Une promiscuité avec tout ce que cela entraîne dans un quotidien où l’altruisme et l’égoïsme cohabitent, exacerbés par la pauvreté et l’exclusion communes à ces relégués.
Médiapart

Les acteurs anglais sont tous formidables de vérité, de justesse. C’est aussi pour cette raison qu’on est autant pris aux tripes. Ils ne jouent pas. Ils sont. À côté des grands acteurs que sont Nick Holder (Colin) et Anna Calder-Marshall (Barbara), Alexander Zeldin a fait appel à des amateurs et à de ses anciens étudiants. Il a intitulé son spectacleLove. Non pas parce que le spectateur devrait éprouver une quelconque empathie pour les personnages. La question ne se pose même pas. C’est simplement parce qu’il y a de l’amour entre les personnages, de l’amour entre Carl et sa mère, de l’amour entre Emma et son mari, entre eux et leurs enfants. C’est l’amour qui leur permet de tenir le coup, de résister et de ne pas s’effondrer.
Chantal Boiron – UBU Scènes d’Europe 2018

LOVE

Jeudi 1er avril 20h30
Vendredi 2 avril 19h30

1h30 - salle Jean-Louis Barrault
Spectacle en anglais surtitré en français

Saluée par la critique anglaise, LOVE d’Alexander Zeldin suit une galerie de personnages naufragés de l’aide sociale au Royaume-Uni. Quelques jours avant Noël, dans un centre d’hébergement temporaire, ils sont en attente de relogement, forcés de cohabiter. Un homme et sa mère âgée, une famille qui attend un enfant, deux émigrés en transit – autant de variations sur le thème de la famille. On se dispute un coin de table ou l’accès à la salle de bain, chacun tente de trouver sa place, de négocier un peu d’air, de liberté ou de tendresse auprès des autres. Ce temps qu’on croirait vide s’avère chargé des efforts de chacun pour rester digne. Avec une efficacité saisissante, porté par des acteurs exceptionnels, LOVE dépeint la spirale de la précarité, ce moment où l’instabilité devient une condition de vie.

RENDEZ-VOUS

Vendredi 2 avril à l'issue de la représentation
Rencontre avec l'équipe

Atelier du CDNO