De et Avec Alice Barraud et Raphaël de Pressigny
Ecrit et mis en scène par Sky de Sela, Alice Barraud et Raphaël de Pressigny

Création lumière Jérémie Cusenier
Régie lumière Jérémie Cusenier / Thomas Kirkyacharian
Régie Son Wilfried Simean / Hugo Barré
Régie accroches Fred Sintomer
Costumes Anouk Cazin
Constructeur / Ingénieur Robert Kieffer
Photographie et Image vidéo Aristide Barraud
Graphisme Sandra Dubosq

Production déléguée Prato - Pôle National Cirque de Lille. Avec le soutien de la ville de Lille.
Coproduit par Le Monfort Théâtre, Paris. Le Plus Petit Cirque du Monde, Bagneux. La Coopérative de Rue et de Cirque, Paris.

Ce spectacle a reçu le prix SACD-Beaumarchais pour l’écriture cirque 2020

Éblouie très jeune par les spectacles de Circus Ronaldo, de Trottola, Plume et bien d’autres, Alice comprend vite qu’elle sera sur la piste pour voler. Après avoir dansé depuis ses tous premiers pas (danse classique, danse contemporaine, modern jazz, expression primitive, danses traditionnelles etc.), elle entre en formation artistique au Centre régional des arts du cirque de Lomme pour apprendre la technique des portés acrobatiques spécifique de Mahmoud Louertani et Abdel Senadji de la compagnie XY. À sa sortie d’école elle travaille avec le Prato, pôle national des arts du cirque de Lille. Alice a fait partie du GIRC Groupe d’Intervention Rapide du Cirque dirigé par Nikolaus Holz. Elle intègre la compagnie du Fardeau pour reprendre le rôle de « Vivette » dans La Machine.

Elle commence la création de deux spectacles : Les Dodos de la cie Le P’tit Cirk et Charcuterie Fine de la cie du Fardeau lorsqu’elle se fait tirer dessus un certain 13 novembre 2015.
Avec une balle dans le bras les avis médicaux sont catégoriques : sa carrière de voltigeuse en main à main et portique coréen est finie, son bras est cassé à vie, ses doigts ne sentiront plus et ne bougerons plus. Pourtant Alice se bat, elle réinvente de nouvelles façons de travailler et d’utiliser son corps avec un membre handicapé.
Elle reprend sa place dans la création Les Dodos en perfectionnant la voltige aérienne en pied.
Depuis sa sortie d’hôpital et durant quatre années Alice a écrit dans des carnets les maux de sa reconstruction.

Aujourd’hui parallèlement à la création de M.E.M.M, Alice est encore sur les routes avec le spectacle Les Dodos ainsi que Piano sur le Fil, un concert cirque avec Bachar Mar Khalifé de Gaëtan Leveque dans lequel elle navigue entre danse et voltige.

Grièvement blessée au bras gauche lors des attentats parisiens du 13 novembre 2015, Alice Barraud a vu sa carrière de voltigeuse en main à main et portique coréen voler en éclats. Après sa sortie de l’hôpital, pendant plusieurs années de rééducation physique et d’accompagnement psychothérapeutique, elle a noirci des carnets, couchant sur le papier les mots de ses souffrances, de ses doutes, de ses peurs, de ses victoires (...) L’objet de sa création n’est pas de revenir sur les détails de la barbarie, mais d’éclairer le chemin de résistance, le parcours de reconstruction qui lui a permis de retrouver sa place dans le monde.
Accompagnée de musiques interprétées en direct par Raphaël de Pressigny (batteur du groupe Feu Chatterton), la jeune femme parle, danse, s’élève dans les airs, s’adonne à toutes sortes de corps-à-corps, de jeux d’équilibre, de contorsions, de suspensions. Ceci avec une détermination et un humour qui en imposent. On la voit tomber, se relever, recommencer, glisser, chuter de nouveau pour finir dans un grand écart… Des chirurgiens lui avaient dit qu’elle ne volerait plus. Elle a appris à se servir de son corps handicapé pour poursuivre ses rêves. Alice Barraud affirme ici une présence peu commune. Loin de tout pathos, elle nous ouvre un pan entier de son histoire. C’est un geste nécessaire dont nous sommes les témoins. Le geste d’une artiste qui oppose au nihilisme et à l’obscurantisme la lumière de la création. La scène comme réponse à la terreur.
Manuel Piolat Soleymat, LA TERRASSE

M.E.M.M,
MAUVAIS ENDROIT,
MAUVAIS MOMENT

En attente de report

Alice, acrobate-voltigeuse (Les Dodos, Piano sur le fil...), est touchée au bras lors des attentats de novembre 2015. Durant ses années de reconstruction, d’hôpital, de centre de rééducation, de psychothérapie et d’expertises médicales, elle n’a cessé de noter ses réflexions, de poétiser ses doutes, ses maux et ses combats dans des carnets devenus le défouloir de ce qu’elle ne pouvait alors dire tout haut. Elle a écrit en attendant les jours meilleurs où elle se sentirait la force d’en faire un spectacle, de transcender son vécu pour faire naître la beauté et les rires du chaos, de transmuter la boue de son histoire personnelle en une eau plus lumineuse qui puisse se partager avec chacun.

Entourée de Raphaël de Pressigny (Feu! Chatterton) et de ses instruments pour nous conter en corps, en mots et en musique les dernières années de sa vie, habitées par le rêve et le combat de reprendre son métier de voltigeuse et de retrouver « la justesse de quand tout se passe bien ». Cet étrange duo nous prend par la main et nous mène dans ces endroits où il est difficile de poser le regard, dans les ramifications les plus contradictoires d’une reconstruction : la danse explosive des douleurs et colères inévitables, le burlesque trouvé dans une chambre d’hôpital, la folie et la paranoïa qui parfois submergent, la difficile et douce intégration d’un handicap, mais aussi et surtout l’imaginaire nécessaire pour retrouver l’envol.