Conception, recherche, mise en scène, scénographie, textes & musique Winter Family
Prélèvement du réel Ruth Rosenthal
Avec Xavier Klaine, Ruth Rosenthal, Saralei Klaine
et Olivier Robert, Laurent Güdel, Eric Fesneau
Conseil dramaturgique Camille Louis
Conseil chorégraphiques Paco Decinà
Lumières Jérémie Cusenier
Régie générale Julienne Rochereau
Régie son Anne Laurin, Sébastien Tondo
Régie plateau, construction Marion Abeille
Costume du poulpe Corinne Petitpierre (pour Crash Park de Philippe Quesne)
réalisé par Anne Tesson
Discussions Yael Perlman, Gallien Dejean, Marie Lechner
Remerciements Vivarium Studio

Production Winter Family
Coproduction MC93 - Scène nationale de Seine-Saint-Denis à Bobigny, Théâtre de Lorient – CDN, CDN Orléans / Centre-Val de Loire, Théâtre National Bretagne - Rennes, La Rose des Vents - Scène nationale Lille Métropole - Villeneuve d’Ascq et Next Arts Festival

Winter Family est un duo de musiciens composé de Ruth Rosenthal et Xavier Klaine.

Ruth Rosenthal, née à Jérusalem, est une artiste israélienne diplômée de la Visual Theater School of Jerusalem. Elle a été performeuse, marionnettiste, créatrice lumières dans un très grand nombre de spectacles au sein de la bouillonnante scène indépendante d’ Israel. Elle a ensuite travaillé à l’Opera National de Tel-Aviv (lumières) pendant plusieurs années et a été cuisinière dans de nombreux restaurants Jerusalémites et Tel Aviviens.

Xavier Klaine est un musicien né à Maxéville à la périphérie de Nancy. Bassiste dans deux groupes de l’underground lorrain : Blockheads (Grindcore) et Alive the Roupettes (Rock Indé), il est titulaire d’une médaille d’or de piano et de musique de chambre au CRR de Nancy. Il a suivi un 3e cycle en géographie politique et culturelle à l’Université Paris IV-Sorbonne, a enseigné le piano en Lorraine et à Paris, et a cumulé les petits boulots dans la restauration.

Ruth Rosenthal et Xavier Klaine se sont rencontrés à Jaffa en Israel en 2004 et ont fondé Winter Family. Ils jouent une musique minimale, obsessionnelle, abrasive, politique et à fleur de peau qualifiée parfois de Weird Wave ouFuneral Pop. Ruth psalomodie et scande ses textes en hébreu et en anglais (spokenword), joue de la batterie et des machines, Xavier joue des harmoniums, du piano et des grandes orgues. Leur fille Saralei les rejoint parfois sur scène jouant des machines et de la flûte traversière. Winter Family a publié plusieurs albums sur les labels référence Sub Rosa (Bruxelles), Alt.vinyl (Newcastle) et Ici d'Ailleurs (Nancy) et ont fait plus de 400 concerts dans des églises, des galeries d’art, des musées, des clubs, des salles de rock et des squats à travers le monde : Chine, Japon, Usa, Canada, Israel, Europe.

Ils ont travaillé avec des metteurs en scène (Arthur Nauzyciel, etc), des chorégraphes (Paco Dècina, Damien Jallet, etc), des cinéastes (Sebastien Betbeder, Blaise Harrisson, Ami Livne, Philippe Petit, etc) des plasticiens (Yochai Matos, Maïder Fortuné, Yael Perlman, Olivier Mirguet, etc) et ont signé les musiques de quelques publicités (Parfum Chanel, L’UE). En 2011, prolongeant un atelier radio- phonique enregistré à Jérusalem pour Radio France Culture, ils ont créé la performance de théâtre documentaire Jerusalem Plomb Durci - voyage halluciné dans une dictature émotionnelle, lauréate du festival 'Impatience' au Centquatre à Paris, invité au Festival d'Avignon puis en tournée internationale pendant 3 ans (Allemagne, Belgique, Japon, Canada, Italie, Suisse, France, Pologne). De 2010 à 2012, ils ont séjourné grâce au programme Villa Médicis - Hors les Murs à Brooklyn, New York puis ont décidé d'y prolonger leur séjour afin de fabriquer No World / FPLL, leur deuxième spectacle de théâtre documentaire. No World / FPLL a été créé en mars 2015 lors du festival 'Programme Commun' du Théâtre Vidy à Lausanne. Il a été co-produit également par le 104-Paris, où Winter Family étaient artistes associés et le Festival d’Avignon. Ce spectacle controversé a tourné jusqu'en 2016. Ce travail de recherche autocentré sur l'ultraconnection et la bourgeoisie culturelle subventionnée, indignée et privilégiée à laquelle Winter Family appartient a donné lieu à la publication de No World, un livre-cd publié aux Editions Dis/Voir (Paris). En 2016 ils élaborent avec la vidéaste Yael Perlman un spectacle sonore et visuel Sodom dont la création a eu lieu dans la cour du Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme dans le cadre de la 'Nuit Blanche' à Paris.

Ils retournent alors s’installer à Tel Aviv et enregistrent leur troisième album South from Here, paru en février 2017, suivi par une série de concerts en Europe, en Israel et au Japon. Ils réalisent Celebration, un dispositif massif, sauvage, illégal et répété d’installations de drapeaux palestiniens et israéliens entremêlés dans les rues et sur les monuments de Jérusalem et Tel Aviv afin de tenter de banaliser l’idée de paix dans les imaginaires ultra militarisés israéliens. En 2018, ils créent H2 Hebron leur troisième spectacle de théâtre documentaire s’appuyant sur 500 pages de témoignages récoltés sur le terrain par la Winter Family en Palestine occupée par Israel. H2 Hebron a été co-produit par Vooruit Gent, Vidy-Lausanne, Nanterre-Amendiers, TNB, MC93, CDN Orléans/Centre-Val de Loire, ABC-La Chaux de Fonds. Ce spectacle est encore en tournée. Winter Family publie en décembre 2020 le vinyle Chevaliers-music for a dance piece by Paco Dècina (grandes orgues, voix) sur le label Sub Rosa et enregistre actuellement On Beautiful Days, leur quatrième album.

PATRIARCAT
VIVRE EN CONFINEMENT ÉTERNEL

MERCREDI 21 SEPTEMBRE 20H30
JEUDI 22 SEPTEMBRE 19H30
VENDREDI 23 SEPTEMBRE 20H30

PREMIÈRES  1H10 (durée estimée) -  Salle Antoine Vitez
Accueil en résidence / Coproduction CDNO

Tout comme leurs précédents spectacles - dont H2-Hebron, performance de théâtre documentaire accueillie lors des SOLI 2019 – Patriarcat – vivre en confinement éternel prend racine dans le réel, dans une réalité de proximité, le dispositif s'apparentant à une immersion dans le quotidien familial de Ruth Rosenthal et Xavier Klaine, couple à la ville et membres du duo Winter family.
Né des confinements récents et successifs qui ont contribué à faire de nos cellules familiales des espaces clos et suffocants, ce nouveau spectacle cible le patriarcat “de base” tel qu’il s’épanouit dans la sphère domestique, épanchement privé d’un système global de domination subi par les femmes, tout en se refusant au didactisme activiste, préférant déployer avec rage et humour les facettes de la domination masculine.


Debout les sorcières !

Début de saison dans les starting-blocks avec cette performance de théâtre documentaire et musical qui n’y va pas de main morte. Son titre explicite plante le sujet sans détours et annonce un spectacle sans concession, direct et politiquement incorrect. Patriarcat, Vivre en confinement éternel ouvre une programmation de tempérament comme on taperait du poing sur la table pour réveiller les consciences somnolentes, la passivité confortable et la soumission résignée. Tout comme les précédents spectacles de Winter Family, celui-ci prend racine dans le réel pour en faire la matière documentaire du sujet exploré.

La première partie du spectacle s’apparente à une immersion sonore dans le quotidien familial de Ruth Rosenthal et Xavier Klaine, couple à la ville et membres du duo théâtral et musical dont ils sont à l’origine, ciblant le patriarcat “de base” tel qu’il s’épanouit dans la sphère domestique. Et l’on ne sait si l’on doit rire ou frémir à l’écoute de ces enregistrements volontairement impudiques et gênants qui distillent leur malaise et envahissent l’environnement sonore jusqu’à saturation. Poussée jusque dans ses retranchements nauséeux, la monopolisation masculine de la parole est mixée en direct à une bande son hybride et débridée, de celles dont Winter Family a le secret. 

Arrivé à son point de non-retour, le spectacle bascule dans un autre registre, se mue en rituel chamanique où Ruth, jusqu’ici silencieuse, s’empare du micro et enflamme la scène de sa colère sourde, impose ses mots, son histoire et son regard dans un monologue frémissant à la poésie tellurique qui fait la nique à la logorrhée terre-à-terre de son compagnon. Bascule cathartique, retournement de situation qui donne la parole à la sorcière qui sommeille en chacune d’entre nous, à ce terreau fertile qui nous tient debout et nous relie, à cette lucidité qui nous grandit, à ce désarroi qui ne nous désarme pas. “Je ne peux pas me soigner mais je peux raconter mon histoire” dit-elle. 

Oui, nous réapproprier par les mots, refuser toute forme de maltraitance, aussi petite et insidieuse soit-elle, nous élever nous-mêmes et élever les générations d’après dans ce séisme que génèrent nos prises de conscience actuelles, cet ébranlement du temps d’avant, source d’espoir. Car il est temps de changer les héros de nos histoires. Patriarcat, Vivre en confinement éternel est une expérience abrasive et subversive qui bouscule, étonne, envoûte et sidère. Homme ou femme, on n’en sort pas indemne et on y voit plus clair.
- Marie Plantin

RENDEZ-VOUS

Jeudi 22 septembre à l'issue de la représentation
Rencontre avec l'équipe
Atelier du CDNO

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