Avec Anas Abdul Samad, Mohamed Omar Ayoub, Sadiq al-Zaidi
Mise en scène Anas Abdul Samad
Régie générale et créateur son Haidar Mohammed Mahdi
Lumières Yasser Fadel Al Maamouri

Production Impossible Theater Group
Coproduction La Filature, Scène nationale - Mulhouse
Production déléguée SIWA Plateforme–Yagoutha Belgacem
Remerciements au Théâtre national de Bagdad

YES GODOT

JEUDI 31 JANVIER 20H30
VENDREDI 1ER FÉVRIER 19H30

0h50 – plateau Touchard

Anas Abdul Samad vit et travaille à Bagdad. Ses spectacles, on le devine, sont habités comme beaucoup d’autres dans cette ville par les guerres successives et les embargos qui depuis plusieurs décennies meurtrissent l’Irak. Son théâtre – encore jamais montré en occident – a la particularité de se faire sans parole. Il recourt à tous les langages visuels possibles, allant parfois jusqu’à emprunter son vocabulaire à la pantomime et à la marionnette. La violence qui parcourt son travail reste une violence contenue. Une retenue qui en décuple la force tout en la mettant à distance pour en faire œuvre de théâtre. Si cris il y a, ils sont silencieux dans le vacarme du monde et dessinent une sorte de « butō à l’irakienne » qui prendrait sa source d’inspiration dans l’invasion américaine de 2003 et les guerres civiles qui s’en sont suivies. Dans cette dernière création, l’œuvre emblématique de Beckett est un paradigme. Pas d’arbre au carrefour de deux chemins, mais une ville qui surgit de l’obscurité. Bagdad est l’unique point de repère de personnages qui errent dans un no man’s land cataclysmique. Les créatures que sont Vladimir, Estragon et Lucky se révoltent et en appellent à leur créateur, figure tutélaire d’un théâtre contemporain devenu théâtre de guerre.